patrickbruel

A propos de Jean-Jacques

Jean-Jacques 39 ans, bourlingueur professionnel, je bosse comme auteur pour une maison d'édition de guides de voyages. J'ai du faire 15 fois le tour du Monde et pourtant je ne me suis jamais arrêté en Israël. J'aime tester les boites de nuits, les piscines des hôtels, les plages, les supermarchés, partout où je vais... et en plus je suis payé pour ça. Quand on m'a demandé de venir en Israël pour tester le pays, j'ai pas hésité une seconde... juste après avoir vérifié mon assurance-vie.

Tous les diners mènent au conflit que l'on n'a même plus besoin de nommer…ep.4

Par le 22, octobre 2012
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Jean-Jacques 39 ans, bourlingueur professionnel, je bosse comme auteur pour une maison d’édition de guides de voyages. J’ai du faire 15 fois le tour du Monde et pourtant je ne me suis jamais arrêté en Israël. J’aime tester les boites de nuits, les piscines des hôtels, les plages, les supermarchés, partout où je vais… et en plus je suis payé pour ça. Quand on m’a demandé de venir en Israël pour tester le pays, j’ai pas hésité une seconde… juste après avoir vérifié mon assurance-vie.


 

Vous ai-je parlé de Tel Aviv?

Un peu ? Mais si peu…

Ma découverte avec Tel Aviv fut pour moi un choc salutaire. Je ne voyais avant Israël qu’au travers du miroir déformant du journal TV. Guerre, violence, attentat…. Et les polémiques. Oh oui les polémiques! J’avoue avec honte que j’en ai parfois abusé pour égayer quelques dîners à Paris que je pressentais ennuyeux.
Comment ça me demanderez-vous?

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Parmi tous vos invités, assurez vous, qu’un, est pro-israélien (souvent juif), et qu’un autre, est pro-palestinien (pas toujours arabe d’ailleurs).
Faites comme si de rien n’était, et au milieu de la soirée, quand tous les sujets de conversation sont épuisés, lancez une phrase comme on lance une grenade dans la foule du genre  :

« Vous avez vu ce qu’il s’est passé au Moyen-Orient?« .

Même si ce jour là, absolument rien n’a fait l’objet d’un traitement médiatique en rapport avec les Israéliens ou les Palestiniens,

vous constaterez que par une sorte de réflexe pavlovien, tout ramènera chacun vers le « Conflit » que l’on n’a même plus besoin de nommer

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vous constaterez que par une sorte de réflexe pavlovien, tout ramènera chacun vers le « Conflit » que l’on n’a même plus besoin de nommer.

Et c’est avec un plaisir jouissif (plutôt sadique dirais-je maintenant) que vous verrez vos deux camarades commencer leur débat. Au début de manière très diplomatique sur le genre « Oui, il faut la paix… » toujours suivi d’un « mais…« ,  et chacun faisant suivre derrière ses arguments, dont au fond je me fous royalement. Le but n’étant pas de convaincre qui que ce soit, mais juste d’assister à ce magnifique spectacle dans lequel la tension augmente crescendo jusqu’à une franche et belle engueulade.

Je regarde en général les autres invités, en leur faisant des légers sourires et des clins d’oeil, l’air de dire « Je vous avez bien dit qu’on ne s’ennuierait pas« . Je ne m’en vante pas, car aujourd’hui j’en ai plutôt honte. Et ce n’est malheureusement pas de moi-même que j’ai compris ma bêtise.

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Le débat tourna à l’empoignade verbale, je fus surpris dans mes clins d’oeil par le débateur pro-israélien

. Un soir que j’avais organisé une soirée de ce genre et que, comme prévu,
le débat tourna à l’empoignade verbale, je fus surpris dans mes clins d’oeil par le débateur pro-israélien. Il mit fin au débat. Puis en fin de soirée, quand tous les invités commençaient à partir, il me pris à part, sans haine, mais avec une profonde tristesse.

- Je t’ai vu me dit-il, en train de faire des clins d’oeils et des sourires. Est ce que tu t’es bien amusé au moins? me dit il toujours avec son air triste.

Je fis face

- Oui, c’est vrai, j’ai fait exprès de vous réunir pour apporter un peu d’animation.

- Je vois…

- Tu me reproches quoi? Est-ce ma faute si vous vous emportez comme des imbéciles dès que l’on parle de ce conflit dont au fond tout le monde se fout? On est en France merde! Tout ça, c’est à plus de 3000km d’ici…

- Tu as sans doute raison, répondit-il.

J’étais plutôt fier de moi,  de l’avoir convaincu, mais je ne m’attendais pas à la suite…

- Sauf que, poursuivit-il, que moi, ma famille, mon frère, mes cousins, mes tantes et un certain nombre de mes amis sont là-bas… alors que celui avec qui je viens de m’engueuler n’y connait personne… Pour lui c’est virtuel, pour lui (comme pour toi), c’est bel et bien à 3000km, mais pour moi, c’est juste à côté.

Je n’avais plus rien à dire. Je croyais faire le malin, mais en fait je n’étais qu’un con… le con de ce dîner.

Alors je vous le confesse (je le peux, vu que j’ai été élevé comme un chrétien, même si maintenant…). Lorsque l’on m’a proposé de venir découvrir Israël, autant que la curiosité et l’intérêt professionnel lié à mon activité, il y avait aussi une sorte de « dette » que je devais à cet ami. Dans ce voyage, je ne me fixais pas un but « politique » et encore moins polémique, mais vraiment humain, celui d’aller à la rencontre des gens, Juifs et Arabes, peu importe, et de réparer en quelques sorte ces disputes que j’avais provoqué.

Mais revenons à Tel Aviv…


(Suite des aventures de Jean-Jacques à suivre dans 1 mois sur streetisrael )


Si vous n’aviez pas lu le 1er épisode

Si vous n’aviez pas lu le 2ème épisode

Si vous n’aviez pas lu le 3ème épisode