patrickbruel

A propos de HH

Hubert Harry ou HH pour les intimes... un an de yeshiva en terre sainte. Minuit, je bois de l’Absolut dans un gobelet en plastique, beaucoup trop habillé dans mon costume Prada par dessus mes « tsitsits » et ces chaussure Gucci, et j’avale un xanax ou plus précisément un Alprazolam. une cigarette se consumant entre mes doigts la. Mon Blackberry vibre « paracha chemot ; entrée du chabat 20H30 – sortie 21H37, je tâte la kippa du mariage de ma sœur dans ma poche revolver et saute dans un taxi pour l’office du shabat. C'est comme ça que je suis devenu le fêtard déjanté qui traversait les boites bondées avec « voyage au bout de la nuit » de Céline et mon Tehlim de poche du Roi David , en saignant du nez et en posant des questions qui n'appelaient pas la moindre réponse. C'est comme ça que je suis devenu le garçon terrifié par les femmes mais qui toujours embrasse les mezouzots en sortant d’une pièce.

« L’Etat d’Israël est un produit 100% d’origine russe »

Par le 25, avril 2012
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Staline ses juifs et les autres.

J’ai toujours étais passionné par la Russie, à partir du moment ou l’équation s’arrêtait à la vodka, aux femmes et à Tolstoï. Plus tard, j’ai eu beaucoup de mal a tenir une position honnête et inflexible sur le sujet. En effet même 1m20 de jambes ne suffisent pas a éclipser des millions de morts. Malgré tout, toujours l’âme juive survit et ce fut pour moi une mission quasi divine de trouver des arguments solides pour continuer mon train de vie vodka, Petra et Tarassboulba.

En effet même 1m20 de jambes ne suffisent pas a éclipser des millions de morts.

 Allez, fini les conneries, j’enfile mes lunettes Tom Ford non remboursée par ma mutuelle…

L’influence de l’URSS dans la fondation d’Israël est une vraie surprise pour beaucoup et même un mythe pour certains d’entre nous. C’est un secret bien gardé (aussi bien) tant par l’URSS que par la Fédération de Russie. L’Etat d’Israël n’a certainement pas été créé par amour ou amitié pour le peuple Juif ni même pour compenser les pogromes, massacres et autres shoah, mais plutôt pour se débarrasser de « la question juive »… Les Etats-Unis  et L’URSS ont essayé de faire un packaging encore plus intéressant que les coffrets DVD de la FNAC… « Pourquoi ne pas profiter de ce morceau d’Occident au sein des nations arabes ? » La décision de l’ONU a fait de l’Etat d’Israël une ligne de front, un camp retranché, une nation vouée à la guerre et à la défense durant toute son existence. C’est là que commence le crime. Il était facile de s’appuyer sur les écritures saintes pour soutenir cette existence. Aujourd’hui Israël existe, il faut faire avec et cependant essayer sur le plan diplomatique de comprendre le cas palestinien.

Le sang russe d’Israël

Soyons le plus clair possible, l’Etat d’Israël est un produit cent pour cent d’origine russe. D’un coté la Russie sous son vent glacial et sa neige poudreuse, de l’autre Israël sous son soleil ardent et son sable. Un paradoxe très Russe, deux opposés qui se repoussent et pourtant s’attirent. Il n’y a pas deux Etats plus différents au monde (par leur taille, leur histoire, leur mentalité, leur composition ethnique ou leurs objectifs politiques) qui soient aussi liés l’un à l’autre.

Un jour en plein Jérusalem, en train de bouquiner sur un banc, un vieux monsieur s’arrête et me dit : “Israël a été créé par des Juifs russes pour des Juifs russes.” Croyez-bien qu’avec mon jus de mangue à la main et mon Tolstoï de l’autre, j’ai pris ce monsieur pour un fou.

Quelques mois plus tard, une interview d’un ex-agent du Mossad Shmoulik Eviatar, sur un site francophone m’a donné le déclic pour écrire cet article : “Ce pays a été fait par les Russes. Les Russes, pas les russes, et non les seuls Juifs russes. » En 1772, la Russie des Tsars dut intégrer parmi ses citoyens, les Juifs qui peuplaient la Pologne. De part leur communautarisme et leur capacité à vivre exclusivement entre eux, ils furent placés dans des régions satellites de la Russie, loin des grandes villes.Il fallut attendre 1860 et les reformes d’Alexandre II pour que les marchands juifs, les artisans et les spécialistes, les diplômés des établissements d’enseignement impériaux aient le droit de s’installer à l’intérieur des grandes villes.

Quelques mois plus tard, une interview d’un ex-agent du Mossad Shmoulik Eviatar, sur un site francophone m’a donné le déclic pour écrire cet article : “Ce pays a été fait par les Russes. Les Russes, pas les russes, et non les seuls Juifs russes.


Bien évidemment le nombre d’étudiants juifs restait toujours limité. Mais un grand nombre de jeunes étaient désireux d’avoir une éducation laïque, et, bien sûr, plus ils étaient  nombreux, là où auparavant il n’y en avait pas,  plus ils suscitaient une haine primaire… C’est l’émancipation des juifs de Russie.

Ces Juifs étudiants, qui avaient échappé à leurs dogmes religieux, trouvèrent une solution : l’antisémitisme était si flagrant qu’ils comprirent que le seul moyen de résoudre leurs problèmes était de faire accéder leurs compatriotes aux privilèges de l’éducation, de partager leurs connaissances, une façon plutôt habile de devenir de vrais patriotes fidèles au culte de l’Etat.

L’histoire devint bien plus noire en 1881 à la mort du Tsar Nicolas II, et avec l’apparition quasi immédiate des pogroms. Malgré de nombreux efforts de la part de certains juifs intellectuels; tous finissent par comprendre, plutôt tardivement, que personne ne les laissera devenir de parfaits patriotes ou des héros. La seule solution pour eux est de changer de combat, et de se battre de toutes leurs forces pour la création ou plutôt pour la résurrection de leurs Etat de toujours, la terre d’Israël.

Ce ne sont pas les juifs russes qui ont créé l’Etat d’Israël, mais ce sont bel et bien les Juifs russes, tous ces hommes qui avaient été empêchés par le pouvoir de devenir simplement russes. Le plus fascinant ici ce n’est pas la démarche, c’est surtout la méthode. En effet, toutes les théories mises au point avec Nicolas II (le grand celui là) , se sont soldées par de purs échecs en terre russe, et ont fait des ravages, et ce jusqu’à la chute du communisme. Cependant leur application dans les moindres détails en Israël a été totalement différente. Ce fut même d’une certaine manière une pure réussite.

A noter que tout cela a été mis en place lors de la première vague d’Alya a la mort d’Alexandre II en 1880. C’était une Alya strictement religieuse, dont les vestiges sont encore flagrants et plutôt originaux : 

la première vodka russe fabriquée en Israël, la Gold, que continuent à produire les descendants des rescapés des pogroms de Russie, présente sur ces bouteilles, deux têtes, emblème de la Russie tsariste même encore aujourd’hui.

La révolution russe de 1905, morte dans l’œuf, fut le déclencheur de ce qui est à mon sens la plus belle vague d’Alya; la seconde étant celle des juifs socialistes, espérant parvenir à briser le régime tsariste, et galvanisés de réaliser leur rêve de socialisme. La même époque, si magnifiquement décrite par Amos oz,  où les femmes, hommes, enfants qui l’entouraient étaient incapables d’arroser un gazon, mais rêvaient tous de travailler en tant que paysans dans une ferme collective.

Notons tout de même que ce système de collectivité existait déjà un peu partout en Europe ou même en Russie, mais c’est en Israël qu’elles ont vraiment pu se développer, pour devenir les kibboutzs, un des piliers les plus ancrés dans l’économie et la vie sociale en Israël.

La troisième vague d’immigration juive en terre sainte est la plus importante. Elle va ramener de Russie tous les révolutionnaires déchus de 1917, dont beaucoup de jeunes et d’hommes forts (et) capables de construire. Le régime russe a cette époque va indirectement pousser les juifs en grand nombre à fuir, en adoptant des décrets, leur interdisant d’apprendre l’hébreu, de pratiquer leur religion, ou meme de se rassembler. Un grand nombre de juifs russes socialistes immigrés en Israël, ont dû refaire leurs valises pour retourner au pays, et notamment, à la création de micro-Etats juifs en Crimée : les Kolkhozs. Malheureusement pour eux, une très grande majorité a été exterminée par Staline dans les années 30 ( merci Marek ! )

Ce qui est fascinant, est qu’au fil des années, les juifs russes ont toujours gardé une attitude extrêmement favorable envers l’URSS et plus particulièrement pour Staline. Même si cela peut être très dur a comprendre ou même paraitre quelque peu masochiste ! (c’est un mot yiddish ca nan ??)… Mais l’effort de guerre soviétique durant la seconde guerre mondiale, sa résistance farouche au nazisme provoqua une solidarité sincère pour l’URSS et pour son dirigeant à moustache. De nombreux documents, photos et films montrèrent que lors des fêtes juives, tous les kibboutzs d’Israël ressemblaient à des villages soviétique, avec drapeaux rouges, portraits et même statuts de Staline. D’ailleurs aujourd’hui encore des chansons patriotiques russes comme Katyusha ou pleine oh ma pleine,  ont été traduites en hébreu à l’époque et sont aujourd’hui considérées comme des chansons populaires israéliennes. Le Kremlin loin d’être aveugle, décida que les juifs devaient avoir leur propre Etat, dans le but officieux, d’avoir un poste avancé à mi-chemin entre l’orient et l’occident. Et aussi surprenant que cela puisse paraître, c’est pour cette raison que les soviétiques ont été les premiers à soutenir la création d’Israël, bien avant les Etats Unis.

La plus belle preuve a eu lieu en 1947 à New York devant les Nations Unis. Prenant tout le monde par surprise, le représentant de l’Union Soviétique se lance dans un discours pro-juif et pro-sioniste, signé par Joseph Staline en personne ! Ce discours a bien entendu eu un écho ravageur en Israël, renforçant la cote d’amour de notre cher moustachu, mais bien entendu il ne fut enregistré par personne, et aucun écho ne s’en est fait en Russie ni même en Europe sous pression des russes.

Toujours dans une dynamique que seuls les russes peuvent comprendre, Staline va continuer à exterminer les juifs de Russie tout en fournissant Israël en armes et munitions, acte qui sera déterminant pour l’Etat juif dans sa guerre d’indépendance. Encore une fois ces nombreuses livraisons d’armes vont renforcer l’amour des tous nouveaux Israéliens pour Staline et l’Union soviétique. Du coté Russe les juifs restés au pays proclamaient (ou proclamèrent) de plus en plus leur amour pour Israël et une vraie fierté se mit en place dans la communauté.

Alzheimer c’est yiddish aussi ?


Cette nouvelle romance territoriale va rendre fou de jalousie Staline, qui sentant le vent tourner, et voyant un Israël vivant, en très bonne santé et se tournant vers l’Europe et les Etats Unis, celui-ci va encore durcir sa politique juive, et va définitivement mettre un terme à ses relations avec Israël en commençant par nier toute implication dans sa création.

Au final, la Russie et Israël, c’est un peu je t’aime moi non plus. Tout comme les israéliens et les russes …. Alzheimer c’est yiddish aussi ?

* Les écrits n’engagent que leur auteur

 


  • Anael partirenisrael.com

    les ecrits de HHP restent aussi bons et on retrouve toujours un clin d’oeil aux auteurs qui l’inspirent dans ces textes.
    bref cet article qui met en rapport La Russie et Israel est leger, poignant et ironique a souhait 

  • http://www.facebook.com/profile.php?id=730349749 Van Msk

    Très bel article

  • http://www.facebook.com/profile.php?id=532443161 Judith Carole

    Je me demande si il y a un lapsus : »Ce ne sont pas les juifs russes qui ont créé l’Etat d’Israël, mais ce sont bel et bien les Juifs russes, » ?? … :)
    enfin, j’espère avoir compris l’idée,( “Ce pays a été fait par les Russes. Les Russes, pas les russes, et non les seuls Juifs russes…:) c’est très intéressant, merci

  • Polodav

    J’ai relevé une petite faute. En 1881 c’est Alexandre II qui est assassiné et non Nicolas II, ce dernier sera assassiné en 1918